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Moiry, hier et aujourd’hui, ouvert au monde

Au XIXe siècle, la mondialisation de l’époque provoqua une poussée identitaire (nationalismes, racisme, costumes et cuisines régionales, etc.). Une loi vaudoise obligea les communes à se doter d’armoiries (l’ancêtre des logos d’identification). C’est ainsi qu’en 1919 Moiry s’en créa en croisant celles des barons de La Sarraz et de l’ancienne famille des Chanson, toujours bien présente de nos jours. En langage héraldique, elles sont dites « D’or au cœur de gueules, au chef du même chargé de trois étoiles d‘or ».

Les traces du passé

(La partie historique est due à Eric Vion, historien)

Moiry, dans le nouveau district de Morges, est une commune du Pied du Jura. La moitié nord-ouest du territoire communal est occupé par de grandes et belles forêts thermophiles. Sur un kilomètre de largeur, ses sols calcaires en pente douce ne laissent pas pousser de très grands arbres. Mais cet abondant bois de feu était le pétrole d’autrefois et sera peut-être un des carburants du futur.

Sur la lisière basse de ces forêts courrait autrefois un Etraz, du latin « via strata », qui a donné dans les langues de nos voisins les mots Street, Strasse et Strada. Ce « Lestraz » de Moiry, qui est encore connu au XVIIe siècle comme chemin de L’Isle à Romainmôtier, est déjà mentionné en 1376 dans le plus ancien cadastre de la commune. C’était une route de transit très ancienne, jalonnée par le plus vieux monument de la commune, une pierre à cupules attribuée au Néolithique, l’époque de l’introduction de l’agriculture (4500 à 1800 avant J.-C.). A Moiry, cette route se divisait en deux branches. L’une filait vers Romainmôtier et le passage de l’Orbe aux Clées, l’autre vers Orbe. Cette dernière coupait au plus court sur le territoire voisin de Ferreyres. Elle rejoignait Orny en évitant La Sarraz qui n’existait pas encore.

Le village de Moiry, comme c’est très souvent le cas dans le canton, a été fondé après l’Epoque romaine à l’écart de la voie. Entre la route et le village, il y a eu pendant longtemps un chapelet de marais nés des résurgences au bas des bois. Le ruisseau de la Vualève en découlait mais aussi celui de l’Iseraz (ce mot remontant à la Préhistoire est voisin de l’ancien nom de l’Arnon de Grandson ou de l’Isère du Dauphiné). C’est le ruisseau qui traverse le village et qui alimentait le moulin et les forges.

Moiry est une des communes vaudoises dont l’archéologie est des plus riches: on y recense déjà 25 sites ! De l’époque romaine, une villa et, bien à l’écart, en partie dans l’ancien marais des Léchires dont on tirait l’argile, un four à tuiles. De la même époque et du Haut Moyen Age, plus d’une quinzaine de sites de fonte du fer (filons présents dans les bancs de calcaire et bois des forêts pour le faire fondre). De ce premier Moyen Ageaussi, un « Tombex », probable nécropole, et un « Châtillon » promontoire abrupt, idéal pour se retrancher et pour surveiller l’Etraz. Du Moyen Age plus tardif, un château au sud du village et un gibet à l’écart, une église qui n’a jamais été paroissiale et qui a été convertie en étable à la Réforme. Du XVIIe siècle, plusieurs forges et une clouterie. Sans compter d’autres sites comme ce Chaufor (four à chaux) déjà attesté en 1376.

C’est ainsi qu’un village que l’on peut considérer comme essentiellement agricole, au moins jusqu’en 1960, a en fait un riche passé industriel. Ses forêts assuraient le combustible, l’eau faisait tourner des roues.

Le nom de Moiry est d’origine romaine (villa Mauriaco au 11e siècle, du nom romain Maurius, fondateur du domaine agricole et la terminaison celtique -akos / - acum., devenu par simplification phonétique Muerier, Moirer et Moyrier en 1376). Au Moyen Age, quand les textes apparaissent, nous voyons pour Moiry et la région, une lutte de pouvoir entre l’ancien couvent de Romainmôtier et les nouveaux seigneurs de La Sarraz. Après l’extinction au XIVe siècle de la famille des nobles chevaliers de Moiry, le village fait partie de la grande seigneurie de La Sarraz qui, avec le temps et les partages, s’émiette. En 1583, Cuarnens et Moiry en sont détachées. En 1633, Moiry est une seigneurie indépendante. Le seigneur Michel de Gingins a alors probablement droit de haute justice puisque les plans de 1677 révèlent un gibet.

Le présent

Moiry, 316 habitants, a aujourd’hui retrouvé une population supérieure à celle existant avant l’exode rural du XIXe siècle (270 habitants en 1850, 141 en 1969). Le sobriquet des habitants provient de la peur des loups qui fréquentaient les forêts il y a quelques siècles. Ils ont été remplacés par un abondant gibier et de nombreux champignons qui attirent chasseurs et cueilleurs. Sept agriculteurs exploitent les terres arables, en pâturages au pied des forêts qui couvrent le nord-ouest du territoire communal, parallèlement aux crêtes du Jura et en cultures entre le village et la Venoge, qui serpente au sud-est. Le lait des trois producteurs locaux est transformé dans les fromageries environnantes. Un certain nombre d’artisans et d’entreprises sont établis au village : deux scieries (dont l’une ne travaille qu’avec l’énergie hydraulique), un atelier d’affûtage, un fumoir artisanal, un ostéopathe, deux salons de coiffure, un atelier de produits naturels pour les soins du corps, un restaurant, une entreprise forestière, un commerce de bières et de whiskies, un atelier de création d’habits, un marché à la ferme. Chaque samedi un boulanger cuit divers pains, confectionnés avec des farines locales, dans le four banal, qui date du XVIIe siècle et a été remis en état de fonctionnement par un groupe de bénévoles il y a quarante ans. Les sociétés locales sont nombreuses et bien vivantes. Un marché local a lieu en automne, à une fréquence variable. Une place de jeux a été inaugurée cette année, pour le plus grand bonheur des familles avec enfants. Un collège, datant de l’entre-deux-guerres, accueille trois classes de l’établissement scolaire intercommunal.

Neuf communes nous entourent : Mont-la-Ville, La Praz, Juriens, Romainmôtier, Croy, Ferreyres, Chevilly, La Chaux et Cuarnens. Un tissu serré d’associations intercommunales permet d’assumer un grand nombre des tâches dévolues aux communes : les infrastructures et transports scolaires, la politique sociale régionale, la piscine et le camping de la Venoge à La Sarraz, l’entretien des forêts communales, la protection civile, le service de défense contre les incendies. La fusion avec d’autres communes voisines n’est pour l’instant pas à l’ordre du jour.

Le futur proche selon la municipalité

Les défis qui nous attendent sont intéressants et variés : maintien en fonction du chauffage à distance datant de 1996, révision du PGA (diminution des réserves de terrain à bâtir, utilisation des importants volumes à vocation agricole délaissés pour des exploitations modernes situées hors zone à bâtir), évacuation et traitement des eaux usées par une station d’épuration régionale, entretien des infrastructures locales, dynamisation de la vie culturelle, préparation aux effets du réchauffement climatique. De manière générale, il nous faut assurer un développement harmonieux du village, de sorte à garder son caractère rural, tout en développant les infrastructures nécessaires à une augmentation de la population permettant une planification financière saine. n

L'ESSENTIEL

Municipalité de gauche à droite : Dolivo Gilles (syndic), Siggen Valérie (greffe et contrôle des habitants), Tissot Christian, Baumann Evelyne (boursière), Favre Jean-Daniel, Dolce Lara, Cugny Philippe.
Séance de la municipalité:lundi 19h30. Conseil général : 53 membres.

Adresses utiles : Greffe: place de l’Eglise 2, 1148 Moiry.
Heures d’ouverture: lu : 19h-19h30; ma : 14h-18h.
Tél: 021 866 13 83.
E-mail : greffe@moiry.ch Poste de gendarmerie: Cossonay, tél. 021 557 82 21.
Service du feu: tél. 118.

CE QU'IL FAUT SAVOIR

Syndic: Gilles Dolivo

Nom de la commune: MoirySobriquet des habitants : Lè z’Epouéri (les apeurés)District: Morges

Surface: 668 ha

Arrondissement électoral: Morges

Nombre d’habitants: 316

Nombre de ménages: 126

Structure de la population :160 femmes et 156 hommes

Taux d’imposition: 78.5 (2019)

Paroisses:protestante : Veyton Venogecatholique : Cossonay

Manifestations communales : 1er août – Diverses manifestations à Noël – Abbaye des Chasseurs (tous les 4 ans) – Marché artisanal

Sociétés locales:

Tir – Abbaye – Chœur mixte – Jeunesse – Badminton – Unihockey – Four banal