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Grande distribution
Valorisation des invendus alimentaires
En Suisse, la quasi-totalité des déchets alimentaires annuels provenant du commerce de gros et de détail est donnée, utilisée dans la production de fourrage pour animaux ou soumise à une valorisation matière ou énergétique.
Crédit photos: Victoria M - stock.adobe.com

En mars 2018, la députée Nathalie Jaccard évoquait dans une intervention au Grand Conseil une pratique de la grande distribution, qui aurait vu « le déversement d’eau de Javel par-dessus les restes alimentaires », de façon à rendre les invendus des grandes surfaces définitivement impropres à la consommation. Son postulat demandait dès lors au Conseil d’État de faire interdire de tels procédés.

Dans son rapport, le Conseil d’État indique avoir pris contact avec sept enseignes de la grande distribution, qui toutes ont démenti avoir recours à la javellisation des invendus. Pour sa part, le chimiste cantonal n’a pas non plus eu connaissance d’une telle pratique, passée ou actuelle. On notera que l’ordonnance fédérale sur les déchets oblige à une valorisation des biodéchets. Par conséquent, toute pratique visant à rendre impropres à la consommation et au compostage les invendus des grandes surfaces est, de facto, proscrite par la loi.

97% des déchets alimentaires

Selon les chiffres publiés en octobre 2019 par l’Office fédéral de l’environnement, en Suisse, 4% des déchets alimentaires proviennent de la distribution. De plus, considérant qu’en Suisse, et a fortiori dans le canton de Vaud, « environ 97 % des déchets alimentaires annuels provenant du commerce de gros et de détail sont donnés, utilisés dans la production de fourrage pour animaux ou soumis à une valorisation matière ou énergétique », le Conseil d’État estime que la prise de nouvelles dispositions législatives, et notamment le développement d’un article consacré dans la loi cantonale sur la gestion des déchets, ne permettrait pas de modifier significativement la situation qui prévaut actuellement, pour un coût de mise en œuvre cohérent avec la politique budgétaire cantonale. En outre, le Conseil d’État rappelle qu’au niveau fédéral, en 2019, le Conseil national a chargé le Conseil fédéral d’élaborer un plan contre le gaspillage alimentaire. Ce dernier sera constitué de mesures existantes et, éventuellement, de nouvelles mesures volontaires ainsi que de mesures fédérales d’accompagnement. Ce plan d’action devrait être évalué en 2024 et adapté si nécessaire.

Le Conseil d’État considère donc que diverses mesures et stratégies ont déjà été mises en place s’agissant de la valorisation des invendus alimentaires par les différents acteurs concernés et il s’en réjouit. Il continuera néanmoins de suivre les développements, notamment au niveau fédéral, des diverses réflexions dans ce domaine.