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Comptage des foules: comment obtenir le juste chiffre

En octobre, le Musée cantonal des Beaux-Arts Lausanne a communiqué un total de 19’000 visiteurs pour son exposition inaugurale. Comment sont estimés de tels chiffres ? Comment s’assurer que les données récoltées sont représentatives de la réalité ? Explications.

L’affluence au MCBA lors de l’inauguration publique, en octobre dernier.
Crédit photos: Etienne Malapert

Les responsables de projet et la police ont pour mission de communiquer le taux de participation aux évènements publics et culturels. Indicateur de succès, le chiffrage est loin d’être un exercice sans enjeu. Le Musée cantonal des Beaux-Arts Lausanne (MCBA) a comptabilisé la présence de 19’000 visiteurs lors de sa semaine d’inauguration. Du mardi au vendredi, le site de Plateforme10

a reçu différents publics, ouvriers, écoles, représentants du monde politique ou culturel pour une visite privilégiée de l’exposition inaugurale. Le service de communication du MCBA a retenu un total de 2300 personnes présentes lors de ces avant-premières. Les inscriptions préalables en ligne ainsi qu’un comptage de contrôle sur place, effectué par deux membres de l’équipe de communication, rendent les données réalistes.

Lors de l’inauguration publique du week-end, des surveillants se relayaient toutes les 30 minutes dans le hall du musée, un compteur à la main. Chargés de cliquer sur le compteur pour chaque entrée dans le MCBA, ils ont ensuite additionné leurs données, pour obtenir un chiffre final.

 

Pas une science exacte

Ruth Gilgen, responsable de la communication du MCBA, relève la difficulté de l’exercice : « on doit compter, mais ce n’est pas une science exacte  » Des règles sont établies en amont par l’Association des musées suisses (AMS), afin de permettre des études comparatives. Il s’agit de distinguer les visiteurs d’exposition des visiteurs de musée (restaurant, librairie), et d’éviter le double comptage en ne comptant le visiteur qu’une fois, indépendamment du nombre d’expositions qu’il visite.

Un musée bâlois a ainsi dû déduire près de 40’000 visiteurs de ses statistiques, après s’être rendu compte qu’ils entraient au musée uniquement pour en utiliser les toilettes…

 

Bataille de chiffres

L’impact d’une mobilisation se juge souvent au nombre de ses participants. Ce chiffre est une donnée croustillante, puisqu’elle indique la réussite de l’évènement et permet le maintien des subventions. Chaque entité fonctionne avec sa propre méthode de comptage, en fonction des ressources à disposition et des intérêts qu’elle poursuit. Régulièrement, les chiffres communiqués par les organisateurs diffèrent radicalement de ceux transmis par la police. Il n’est pas rare de voir un nombre doubler ou tripler d’une source à l’autre.

Le comptage par rang, le comptage en hauteur, le flux horaire, ou le comptage mécanique sont des techniques couramment utilisées pour évaluer la densité d’une foule. À l’intérieur d’un

bâtiment, les préposés au comptage se positionnent aux différents accès, un compteur à la main. Ils peuvent aussi comptabiliser le nombre de chaises utilisées, ou estimer la taille maximale d’un espace. À l’extérieur, il s’agit de se positionner en hauteur à un endroit stratégique pour évaluer le nombre de passants durant un laps de temps. Les données sont ensuite multipliées par la durée ou la longueur du cortège. Les avancées technologiques permettent aussi d’utiliser des caméras, détecteurs au sol et rayons laser, mais ces solutions restent très onéreuses. n

Texte intégral : www.vd.ch/gazette