«La Damounaise» à Château-d’Œx

une rénovation énergétique exemplaire

06.11.2020 / FAO n° 89

En Suisse, le bâtiment constitue l’un des domaines les plus gourmands en énergie. Les cantons mettent des subventions à disposition des propriétaires pour les encourager à assainir leur habitation.

une rénovation énergétique exemplaire
Bâtie en 1975 à Château-d’Œx, cette résidence pour personnes âgées a fait l’objet d’une rénovation énergétique complète. Les panneaux solaires installés dans le jardin assurent 58% de la production d’eau chaude à la belle saison.
Crédit photos: Jean-Jacques Turrian

À la tête d’une entreprise de couverture-ferblanterie durant plusieurs années, Jean-Jacques Turrian s’est reconverti pour raisons de santé dans le conseil et l’audit énergétique. Après un Brevet fédéral obtenu en 2011, il est devenu expert agréé CECB® Plus (Certificat énergétique cantonal des bâtiments). Depuis, ce passionné de questions techniques et environnementales travaille comme il vit, envisageant la rénovation des bâtiments comme celle des êtres vivants: au cas par cas, avec raison, et selon les ressources à disposition. «On n’a qu’un seul corps et qu’une seule planète» s’amuse-t-il à résumer.

Sans dogmatisme pourtant, il détaille son travail au chalet «La Damounaise» (2012-2014), un immeuble de 18 appartements pour personnes âgées construit à Château-d’Œx en 1975. «Ce premier chantier a coïncidé avec la mise à disposition par le Canton de Vaud de subventions pour le remplacement des chauffages électriques. Pour cette grande maison, le principal défi a donc d’abord concerné le chauffage et l’isolation — surtout pour des personnes assez frileuses vivant davantage à 27°C qu’aux 21°C recommandés.» Avec l’installation d’une chaudière à pellets (des granulés de bois fabriqués en Suisse), la consommation électrique est ainsi passée de 133’500 kWh à 38’549 kWh par an. Et pour l’eau chaude, des panneaux solaires installés dans le jardin assurent 58% de la production à la belle saison. Quant à l’isolation, devenue vétuste, le choix s’est porté sur une injection en façade de Supafil: une laine de verre en vrac sans additifs chimiques qui, outre ses grandes qualités d’isolant thermique et phonique, est réputée pour être incombustible et résistante à l’humidité.


Son dernier cheval de bataille? L’installation d’une ventilation double flux qui permet d’insuffler de l’air frais dans les pièces sèches et de l’extraire dans les pièces humides, pour limiter les déperditions thermiques liées au renouvellement d’air. «Un point très important dans nos nouveaux modes de vie, encore trop souvent négligé» selon lui.

Mais le plus important reste de s’adapter au bâti: «Il existe de plus en plus de solutions pour augmenter l’efficacité énergétique et diminuer la consommation d’énergies fossiles; il convient de choisir la meilleure en fonction du type d’habitation, de son usage ou encore de sa situation.»

Salué pour ses qualités énergétiques et de confort, le chalet de la Damounaise a reçu en 2014 le label Minergie, une marque soutenue par les cantons et la Confédération et qui «répond déjà aux objectifs de la Stratégie énergétique 2050». Un bien bel exemple.