Le département de l’économie, de l’innovation, de l’emploi et du patrimoine
• vu la loi du 30 novembre 2021 sur la protection du patrimoine culturel immobilier (LPrPCI),
• vu l'intérêt historique, typologique et urbanistique de l’Eglise catholique, ECA 110, de la cure catholique, ECA 52, et de leurs abords, soit les parcelles 241 et 217,
• vu les courriers du département de l’économie, de l’innovation, de l’emploi et du patrimoine (DEIEP) du 4 mars 2025,
• considérant que la décision de classement a été soumise à l'enquête publique du 9 avril 2025 au 8 mai 2025, inclusivement et constatant l'absence d'opposition à ce projet de classement,
En vue d'assurer la sauvegarde et la conservation de l’Eglise catholique, ECA 110, de la cure catholique, ECA 52, et de leurs abords, soit les parcelles 241 et 217, il est procédé à leur classement.
Le classement s'étend à l’Eglise catholique, ECA 110, à la cure catholique, ECA 52, et à leurs abords, soit les parcelles 241 et 217.
Construite entre 1842 et 1845 par l’architecte lausannois Henri Perregaux, l’Eglise catholique d’Assens (ECA 110) est un témoin important de l’histoire et de l’architecture religieuse du XIXe siècle dans le canton de Vaud. Remarquablement bien conservé, l’extérieur de l’édifice se caractérise par l’emploi d’un vocabulaire architectural néo-classique soigné et d’un imposant clocher. Ce dernier constitue un attribut architectural exceptionnel tant par son emplacement atypique dans l’axe du chœur, mais également en raison du contexte historique de son érection, puisque seules les églises catholiques d’Assens, de Bottens et de Poliez-Pittet en possèdent un jusqu’à l’instauration de la liberté générale des cultes en 1861. L’intérieur de l’église se caractérise quant à lui par un plan basilical à nef unique de trois travées et d’un chœur allongé terminé par une abside à cinq pans. Certains éléments du décor original (peintures murales et vitraux) ainsi qu’une partie des aménagements liturgiques (autels, retables) sont préservés, et ce malgré les directives de Vatican II (1962) et de deux chantiers de restaurations (1951-1953 et 1986).
Située en face de l’église catholique et la complétant, la cure catholique d’Assens (ECA 52) est construite entre 1888 et 1890 dans un style néo-gothique sur les plans de l’architecte lausannois Paul Charton à l’emplacement d’une ancienne maison paysanne datant de 1688. La nouvelle cure de plan carré, auquel s’ajoute une véranda et un tambour d’entrée, compte un étage sur rez-de-chaussée, un sous-sol semi-enterré et des combles habitables sous une toiture à deux pans. A l’époque de sa réalisation, l’édifice est considéré comme une « villa moderne », comportant tous les aménagements le rendant confortable, tout en étant «convenable» à sa fonction. Très bien conservé malgré les transformations menées en 1989, sa typologie et une grande partie de ses aménagements intérieurs sont d’origine.
La propriété comprend également une dépendance isolée abritant une salle de réunion, un petit rural, un four et une buanderie, ainsi qu’un jardin arboré et divers aménagements extérieurs (murs, portails et fontaine couverte) de la fin du XIXe siècle, conférant une valeur paysagère à l’ensemble de la parcelle.
L’Eglise catholique d’Assens (ECA 110) et sa cure (ECA 52) présentent des qualités historique, architecturales et typologiques indéniables, formant un ensemble exceptionnel qu’il s’agit de valoriser et de protéger par une mesure de classement commune.
4) Mesures de protection déjà prises
L’Eglise catholique, ECA 110, et la cure catholique, ECA 52, sont inscrites à l’inventaire cantonal depuis le 23 octobre 1991.
5) Mesures de conservation et de restauration nécessaires
Sauvegarde, mise en valeur, maintien et entretien des objets classés par cette décision.
6) Autorisation du Département
Toutes transformations, modifications, agrandissements ou démolitions des objets classés, ou des parties des objets classées, ainsi que toutes interventions sur les parcelles 241 et 217 devront, au préalable, recevoir l’autorisation du Département en charge de la protection du patrimoine. Cela inclut également les interventions de minime importance.
Toute personne contrevenant à la présente décision est susceptible d'être poursuivie sur la base de l'article 65 LPrPCI dont la teneur est la suivante:
«Celui qui contrevient à la présente loi ou à son règlement d'application, ainsi qu'aux mesures prises en exécution de ces loi ou règlement, est passible d'une amende de deux cents francs à cinquante mille francs. Celui qui entreprend ou exécute des travaux sans disposer des autorisations exigées par la présente loi ou en violation des autorisations exigées par la présente loi, est passible d'une amende d'un montant minimum de deux mille francs à cent mille francs. La tentative et la complicité sont punissables. La poursuite a lieu conformément à la loi sur les contraventions.»
8) Mention au Registre Foncier
Le classement sera, conformément à l’article 30 LPrPCI, mentionné au Registre foncier de la Broye-Nord vaudois, districts de la Broye-Vully, Jura-Nord vaudois et Gros-de-Vaud, sous la désignation «Patrimoine culturel immobilier classé».
Parcelle n° 241 et 217, plan 2104
9) Publication et notifications
La présente décision est publiée, par voie d'arrêté, dans la Feuille des avis officiels du Canton de Vaud et notifiée personnellement aux propriétaires des parcelles concernées et à la commune d’Assens
par courrier recommandé.
10) Voie et délai de recours
La présente décision peut faire l'objet d'un recours de droit administratif auprès de la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (avenue Eugène-Rambert 15, 1014 Lausanne) dans les 30 jours suivant sa notification.
La cheffe du département:
Isabelle Moret