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Asile

Premier bilan de l’accueil des réfugiés ukrainiens

06.05.2022 / FAO n° 36

La délégation du Conseil d’État traitant de l’accueil des réfugiés ukrainiens dans le canton a tiré un premier bilan des actions accomplies. Quelque 723 enfants ukrainiens sont scolarisés.

Premier bilan de l’accueil des réfugiés ukrainiens
L’afflux de réfugiés ukrainiens a nécessité la mise en place de moyens pour les accueillir.
Crédit photos: Jean-Bernard Sieber

Les opérations militaires russes en Ukraine ont débuté le 24 février dernier. Dès le 4 mars, une délégation du Conseil d’État a été désignée pour gérer – avec les services concernés – l’afflux des réfugiés dans le canton. Au 1er mai, ce sont 3505 réfugiés qui se sont annoncés auprès de l’EVAM. Cet afflux pose des défis organisationnels majeurs.

L’EVAM est en première ligne dans les opérations d’accueil. Mais ce sont également de nombreux services de l’État répartis sur quatre départements qui se mobilisent et adaptent pratiquement jour après jour leurs dispositifs. Les particuliers, les bénévoles, les clubs, les associations ne sont pas en reste.

L’État a voulu permettre de concentrer les informations pratiques nécessaires à la fois aux Ukrainiens et à la population vaudoise, aux communes, aux partenaires. Les renseignements utiles sont actualisés en continu sur la page www.vd.ch/ukraine. Une hotline (058 715 11 07, LU-VE de 8h à 17h) est en appui et une plateforme ouverte par la Croix-Rouge permet de gérer les offres liées au bénévolat.

L’importance du permis S
Philippe Leuba, chef du DEIS a rappelé l’importance du permis S accordé aux réfugiés ukrainiens. Le permis S permet de séjourner en Suisse et n’est pas une demande d’asile. Il procure des droits, comme l’accès aux assurances, au marché du travail ou à l’école.

Béatrice Metraux, cheffe du DES, a rappelé que l’EMCC appuie la direction de l’EVAM, gère le renseignement, participe aux séances de la délégation du Conseil d’État et se tient prêt en cas de dégradation de la situation. La Protection civile vaudoise (PCi-VD) a déjà mobilisé 137 personnes sur les sites de Beaulieu et de Gland. Quelque 446 lits ont été mis à disposition.

Rebecca Ruiz, cheffe du DSAS, a ajouté que le permis S donnait accès au système de santé. L’annonce auprès de l’EVAM est nécessaire pour une prise en charge médicale. Les diverses faîtières et groupements (SVM – Société vaudoise de médecine, GPV – Groupement des pédiatres vaudois, RESAMI) sont mobilisés. Les réfugiés souffrent en priorité de stress aigu ou post-traumatique et de troubles psychologiques. Prochainement, une centrale d’appels sera mise en fonction, avec traduction français-ukrainien-anglais. Les vaccins nécessaires sont également planifiés.

Cesla Amarelle a précisé que le Département de la formation, de la jeunesse et de la culture (DFJC) se charge de l’accueil des réfugiés dans les lieux de formation. Ce travail entamé en février se poursuit grâce à un dispositif qui a permis à ce jour d’orienter 723 élèves dans 425 classes de 85 établissements de l’école obligatoire. Au postobligatoire 42 élèves ont rejoint l’École de l’accueil et trois ont été intégrés dans des classes gymnasiales (chiffres mis à jour chaque mercredi sur www.vd.ch/ukraine, rubrique  Écoles et lieux de formation»). Ce protocole mis en place pour accueillir les élèves allophones et migrants s’est renforcé dans notre canton depuis 2019 avec la création de l’Unité migration accueil, le Portail migration et l’École de l’accueil pour les élèves du postobligatoire. L’accueil des élèves et de leur famille, l’accompagnement pédagogique et l’attention au vivre ensemble sont au cœur de ce dispositif.

Erich Dürst, directeur de l’Établissement vaudois d’accueil des migrants (EVAM), a souligné que les bénéficiaires de l’EVAM avaient augmenté de 60% en deux mois. Cela implique un doublement des effectifs en structures d’hébergement. La construction de structures provisoires est envisagée. Ces éléments impliquent des défis logistiques importants. Dans les mois à venir, la collaboration entre l’EVAM et les ORP sera renforcée pour permettre l’insertion dans le marché du travail des Ukrainiens.