Comptes 2025

Un déficit qui respecte le petit équilibre

10.04.2026 / FAO n° 29

Un déficit qui respecte le petit équilibre
La conseillère d’État Christelle Luisier Brodard a commenté les comptes 2025 en compagnie de Pascal Rattaz et Sylvain Chappuis (à g.), du Service d’analyse et de gestion financières.
Crédit photos: ARC Sieber

Les comptes 2025 de l’État de Vaud affichent un déficit de 156.2 millions. Meilleur que prévu au budget, ce résultat respecte le cadre légal du petit équilibre (-295 millions). Il résulte de plusieurs facteurs, notamment une progression contenue des dépenses, des revenus en hausse et le déploiement de mesures d’assainissement immédiates décidées par le Conseil d’État au printemps dernier. Certes encourageants, car s’inscrivant dans la trajectoire tracée l’an dernier par le Gouvernement, les comptes 2025 montrent que les revenus ne couvrent pas les charges. Les investissements augmentent, garantissant ainsi des prestations de qualité à la population et les conditions-cadres favorables au développement du canton. La situation reste toutefois délicate, ce qui invite le Conseil d’État à maintenir son cap visant à un retour à l’équilibre financier.

Les comptes 2025 de l’État de Vaud présentent un déficit de 156 millions contre un déficit de 369 millions aux comptes 2024. L’écart favorable de comptes à comptes (+213 mios) s’explique par des revenus en hausse de 6.1% et des charges en hausse de 4.2%. 

Une progression des charges contenue
La progression des charges ralentit. L’activation des mesures d’assainissement, décidée par le Conseil d’État au deuxième trimestre 2025, y contribue. Pour rappel, le dispositif d’allègement des charges en 2025 avait été mis immédiatement en place après la présentation des comptes 2024, comme le prévoit la Constitution cantonale. Aux comptes 2025, l’impact effectif représente 75 millions, soit un montant légèrement plus faible que le montant estimé. La dégradation de la situation financière a également amené le Conseil d’État à procéder à des choix de priorité et des arbitrages dans le cadre de l’établissement du projet de budget 2026.

Par rapport aux comptes 2024, les charges ont progressé (+514 mios). Les principales augmentations découlent de la politique salariale: charges de personnel (+76 mios) et effets de l’indexation pour le parapublic (+30 mios), de l’exécution de politiques publiques, notamment dans les domaines de l’action sociale (+173 mios), la péréquation verticale (+40 mios), la santé (+27 mios), l’enseignement et la formation professionnelle (+22 mios), les transports (+22 mios), la protection de l’enfance (+16 mios) et la FAJE (+10 mios). Pour leur part, les charges liées à l’Ukraine et à l’asile sont en légère diminution par rapport à 2024.

Des revenus en hausse, mais insuffisants
Les revenus augmentent en partie au niveau des recettes fiscales, notamment celles des personnes morales en raison principalement de la croissance organique des sociétés et de l’introduction de l’imposition minimale prévue par l’OCDE. Le caractère exceptionnel du produit des successions et donations et la bonne santé du marché immobilier ont contribué à l’amélioration des recettes fiscales. Les autres augmentations proviennent des revenus BNS, des participations fédérales et de revenus liés à la vente d’actifs immobiliers. De par le caractère exceptionnel de certains de ces revenus, la croissance constatée ne peut être considérée pour acquise. Il est à noter que l’impôt sur les personnes physiques est en diminution (-90 mios), en lien avec la baisse de 4% de la charge fiscale décidée par les autorités. 

Une dette stable, des investissements qui augmentent
La dette de l’État est stable à 500 millions de francs. Les besoins de financement, notamment pour financer les investissements, ont été couverts principalement en réduisant les liquidités disponibles.

Les investissements augmentent, garantissant ainsi des prestations de qualité à la population. Ils se situent à un niveau important (826 mios; +213 mios par rapport à 2024). La priorité est mise sur le développement des infrastructures publiques (bâtiments pour la formation et la santé, assainissements énergétiques) et le renforcement des conditions-cadres (routes, transports publics ou prévention des dangers naturels) favorables au développement du canton.

Une trajectoire vers le retour à l’équilibre
En respectant le cadre constitutionnel du petit équilibre, les comptes de l’État illustrent les premiers effets de l’action gouvernementale. En affichant une croissance contenue des charges et des investissements en hausse, l’exercice 2025 montre que le cap défini par le Conseil d’État suit la bonne trajectoire, celle qui doit permettre au canton de retrouver des finances saines d’ici la fin de la décennie. Avec le concours d’experts externes, le Gouvernement poursuivra ainsi ses efforts dans un contexte incertain (situation géopolitique et économique, transferts de charges de la Confédération, initiative 12%, réforme du financement des soins/EFAS), pour atteindre à moyen terme l’équilibre financier tout en garantissant des conditions-cadres propices à l’attractivité du canton, ainsi que des prestations de qualité à la population vaudoise.


Par rapport aux comptes 2024, les charges ont progressé (+514 millions). Les principales augmentations découlent de la politique salariale.